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Dimanche 14 novembre 2010 Texte méditatif d’entrée Que demander à Dieu quand
on est au pouvoir, Qu’attendre de la vie
quand le pain même vous manque, Salomon demanda la
sagesse et le discernement… A jouer sur la peur, à
peindre sur la muraille Apprendre la confiance,
en Dieu et en soi-même, Texte biblique : Psaume 85 Tu aimes ta terre, O
Dieu, Tu as mis fin à ton
emportement N’est-ce pas toi qui
reviens constamment pour nous faire revivre ? Je suis attentif à ce que
dit Dieu : Loyauté et vérité se sont
rencontrées Temps de parole Etre victime d’une avarie de gouvernail lorsqu’on navigue, que ce soit en compétition ou chargé d’une mission, vous pénalise immédiatement. Il faut à tout prix regagner la terre, un port, pour réparer et donc se dérouter parce qu’on n’est alors plus maître de l’embarcation. Conduire, mener, diriger… Subir une avarie de gouvernement ou de gouvernance arrive fréquemment, mais se remarque moins parce qu’on essaie d’abord de camoufler, de cacher la faille, pour sauver la face devant le peuple et les autres gouvernances : les enjeux sont parfois si grands ! Gouverner à plusieurs – personnes ou partis – oblige au compromis, au consensus, à la recherche d’un accord, et recourt à des alliances parfois contre-nature. Nous y avons été confrontés chez nous il n’y a pas si longtemps. Gouverner à deux partis provoque un système d’alternance ; bien des voisins en font l’expérience et le résultat est alors que l’on défait généralement ce qui a été fait par l’autre, et inversement. Gouverner seul – un homme ou un parti – c’est courir le risque de la tyrannie qui ne vise pas nécessairement le bien de tous. Pas besoin d’égrener les exemples !... Or, le but avoué et
parfois claironné en période électorale – ah ! sle temps des promesses !
– est toujours la prospérité, le mieux-être, le relèvement de tous… Du temps de Bach, au 18e, en Allemagne, la coutume était que les autorités désignées des cités importantes – les conseillers de Leipzig en l’occurrence ce soir – soient installées. Non pas avec fanfare, fifres et tambours, mais avec une cantate ! Et ça, c’est tout un programme ! c’est d’abord reconnaître ou être invité à reconnaître que l’autorité que l’on va exercer, la gouvernance de la ville, vous est confiée ; ce n’est pas quelque chose que l’on prend ou qu’on accapare, mais quelque chose que l’on reçoit en vue d’un service, au point qu’il y a d’abord place pour la louange. Vous l’avez remarqué, cette cantate ne commence pas par un chœur d’entrée exultatoire – cela viendra après – mais par cette aria confiée à l’alto, faite de longues notes tenues et dont le texte parle de silence fait de confiance paisible, de Stille, ET d’un appel à accomplir les promesses faites à Dieu, à tenir ces promesses, à les réaliser, donc à faire ce que l’on a dit vouloir faire ! Un vrai programme politique cohérent. Faut-il en déduire qu’on était plus croyant du temps de Bach qu’aujourd’hui ? Je n’en suis pas sûr. Ce 18e siècle était aussi le siècle de l’Aufklärung, ou pour la France celui du siècle des lumières où la raison était portée au pinacle et devait l’emporter sur l’obscurantisme. La raison souvent opposée à la foi, alors que ces deux approches, à mon avis, n’ont pas à s’exclure mutuellement, mais à s’enrichir, à se stimuler, à se compléter. Le but ultime de la gouvernance est alors exprimé clairement dans la suite de la cantate, vous allez l’entendre : il s’agit de conduire, de mener, de diriger avec HUMILITE, c’est-à-dire en sachant d’où nous venons, de quel humus nous sommes tirés. De manière à ce que l’inimitié s’écarte de nous et que la justice habite nos maisons ; peut-être faudrait-il dire : pour que l’inimitié qu’il y a toujours entre les humains soit reconnue et soit traitée de manière à ce que la vie ensemble soit possible, j’aimerais dire : de manière à ce qu’une vie bonne soit possible. Viens donc secourir, viens donc en aide à tes serviteurs chargés de gouverner. C’est la prière ultime de la cantate quand elle reprend le Te Deum de Luther ! Que faire alors pour que la « paisible confiance » nécessaire soit renforcée, comme le disait l’aria du début ? … C’est ce que demandait cet homme à Dieu : que puis-je faire pour approfondir et fortifier ma confiance, ma foi ? Suite à cette demande, cet homme eut une vision : il aperçut dans une forêt un renard handicapé, blessé, qui ne pouvait plus bouger. Alors qu’il se demandait comment, avec son infirmité, cet animal allait pouvoir survivre, il a vu arriver un tigre avec une proie dans la gueule qu’il a apportée au renard. Les nuits qui ont suivi, notre homme a fait toujours le même rêve jusqu'à ce qu’il se dise : « Dieu me parle par ce rêve. Avec l’image du renard, il m’invite moi aussi à la confiance radicale. Je vais donc m’installer dans un coin et Dieu pourvoira ainsi à mes besoins, puisque je décide de lui faire confiance. » C’est ce qu’il fit, mais deux semaines plus tard, notre homme était à moitié mort de faim parce que personne ne lui avait apporté le moindre repas. Il s’est alors tourné vers Dieu et lui a dit : « Pourquoi m’as-tu envoyé cette vision si c’est pour me laisser mourir de faim ? » Dieu lui a alors répondu : Quand je t’ai envoyé cette vision, ce n’était pas pour que tu fasses comme le renard… mais comme le tigre ! » Il arrive parfois que, gouvernant une cité ou gouvernant notre propre vie, nous nous trompions dans notre lecture des événements…. Et dans ce que nous attendons de Dieu pour y parvenir…. Texte méditatif final Marche de novembre : Ne plus voir l’autre,
mais le sentir, Ne pas vouloir forcer,
mais retrouver la force Regarder l’autre avec
humilité, c’est reconnaître qu’il a droit à sa place, |