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Dimanche 11 octobre 2009 Texte méditatif d’entrée Dans des temps si troublés, oser
dire la confiance… Quand les montagnes de l’avoir
se fissurent, Quand le chemin choisi nous conduit
à l’impasse, Quand tout s’effondre en nous,
ne plus serrer les poings, La joie d’une victoire d’abord
sur nous-mêmes, ce n’est pas un espoir, plutôt
une espérance, accomplie aujourd’hui ; une vie possible au delà
de nos peines ; Texte biblique : fragments du Ps. 118 Louange pour le Seigneur ! Il est
bon, vraiment ! J’ai crié : Seigneur ! On m’a vraiment bousculé pour que
je tombe… Temps de parole La joie ! inaugurer cette 9ème saison de Cantate et Parole en la plaçant sous le signe de la joie, c’est un beau cadeau… car c’est au fond la volonté première de Dieu : que nous puissions vivre dans la lumière de la joie, en proclamant une victoire… Mais pas n’importe quelle victoire ! non pas une victoire humaine obtenue par les armes de l’économie ou des militaires, mais par celle de Dieu : la victoire sur l’adversaire que Bach appelle, selon la terminologie de son époque, Satan, le diviseur, le tentateur, et selon la terminologie picturale d’alors, le dragon ! Et c’est pourquoi cette cantate a été écrite pour le dimanche de la St-Michel, qui voit l’archange terrasser le dragon, ou les monstres et vous avez été sensibles aux accents musicaux triomphants et à la richesse de l’instrumentation, basson, trompettes, timbales… Une victoire qui doit permettre à l’humain que nous sommes de vivre dans une harmonie, trouvée ou retrouvée, une victoire qui ouvre sur une liberté face à tout ce qui entrave, divise, juge, compartimente, face à tout ce qui dresse les humains contre les humains pour les mettre à terre… Oui, la joie de la victoire qui vient de Dieu contre toutes les humiliations, les injustices, les faussetés, les tricheries. Car, au fond, ce que la Bible nous révèle de Dieu, c’est qu’il a en horreur tout ce qui détruit l’humain et son cadre de vie… Un midrash juif le rappelle de manière surprenante : lorsque les Egyptiens, lancés sur leurs chars de guerre à la poursuite des Hébreux, furent engloutis par les flots de la mer des Roseaux, les anges dans le ciel battirent des mains et entonnèrent des chants de victoire et de joie face à cette déroute… jusqu’au moment où ils découvrirent que Dieu pleurait. « Comment peux-tu pleurer et te lamenter alors que les ennemis de ton peuple sont submergés par les flots ? » Dieu leur répondit : « ce sont mes enfants qui se noient et périssent et vous voudriez que je me réjouisse ? » Non ! la victoire de Dieu n’est pas de ce type-là, n’en déplaise à ceux qui continuent de l’utiliser aujourd’hui, de l’instrumentaliser pour parler moderne, pour justifier leur attitude conquérante… Mon royaume n’est pas de ce monde, disait Jésus à Pilate… C’est donc d’un autre combat qu’il s’agit qui n’a plus rien à voir avec nos luttes de pouvoir et pour le pouvoir ni avec des batailles menées au nom d’idéologies, et c’est pour cela qu’il doit être mené et qu’il est mené par Dieu lui-même, pour nous et en nous, mais pas sans nous, car il en va de notre liberté intérieure. Je relisais, en préparant ce moment, quelques lignes superbes du patriarche Athenagoras, aujourd’hui décédé et qui illustrent ce combat : « il faut mener la guerre la plus dure qui est la guerre contre soi-même. Il faut arriver à se désarmer… J’ai mené cette guerre pendant toute ma vie, elle a été terrible. Mais aujourd’hui, je suis désarmé. Je n’ai plus peur de rien, car l’Amour chasse la peur. Je suis désarmé de la volonté d’avoir raison, de me justifier en disqualifiant les autres. Je ne suis plus sur la défensive, jalousement crispé sur mes richesses, mes positions. J’accueille et je partage. Je ne tiens pas particulièrement à mes idées, à mes projets. Si l’on m’en présente de meilleures, ou plutôt non, pas meilleurs, mais bons, j’accepte sans regret. J’ai renoncé au comparatif. Ce qui est bon, vrai, réel, est toujours pour moi le meilleur… Si l’on se dépossède, se désarme et si l’on s’ouvre au Dieu Homme qui fait toutes choses nouvelles, alors, Lui, efface le mauvais passé et nous rend un temps neuf, où tout est POSSIBLE…. » Ce combat-là est possible parce que c’est Dieu qui le mène avec nous et en nous. Alors, nous comprenons pourquoi dans l’Eglise luthérienne – l’Eglise de Bach – le dimanche de la St-Michel où le dragon, les monstres intérieurs sont terrassés, était aussi important que la fête de Noël ou de Pâques, et nous mesurons mieux les éclats de joie dont Bach habille cette cantate par une instrumentation si riche, et nous pouvons en être illuminés, éclairés, et en devenir peut-être les reflets. Mais Bach, peut-être sans le vouloir consciemment – quoique… - nous transmet son intuition théologique profonde par l’aria d’alto qui va suivre : soyez vigilants saints veilleurs, car la nuit est presque là !... Il ne dit pas : l’aube arrive, courage, ni c’est le grand soir… Il insiste sur le fait que nous connaissons aujourd’hui une nuit presque totale, et que c’est dans cet état de nuit qu’il s’agit de proclamer la victoire de Dieu. Et j’insiste, la victoire de Dieu en nous et pour nous, environnés d’une nuit presque totale. C’est que le repos, la détente, la décrispation, ne se trouvent qu’en présence de Dieu. Oui, la joie tranquille et paisible dans cette confiance-là : Dieu voulant – terminaient les huguenots en s’écrivant des lettres dans leurs temps troublés de persécution – « Dieu voulant ! » et se voulant en moi ; et moi se voulant…. et je vous laisse chacune et chacun conclure cette affirmation à votre manière et pour vous-mêmes… Texte méditatif final Le jour, la nuit, l’alternance
nécessaire nous détourner des bruits, laisser
place au silence, se découvrir soudain entourés de
tant d’anges, |