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Dimanche 8 novembre 2009 Texte méditatif d’entrée briques
et goudron granit et ciment béton et ferraille carbone et kérosène acier et verre atome et chimie champ magnétique si autant de force, de
génie, d’énergie … jusques à quand, Dieu
de l’univers ?… si l’arbre, à l’automne,
retenait ses feuilles si l’écrevisse
n’acceptait de quitter sa carapace trop petite si le nuage voulait
garder son eau captive si nos vies demeurent
encombrées les sécurités, les
murailles, les barrages élevés ta parole se fait lézarde
dans nos murs « tu es le rempart
pour nos vies… ouverture ! Texte biblique : Esaïe 55 et psaume 46 Ohé ! les
assoiffés ! Venez aux sources… Tu es notre abri sûr au
jour où s’étend le malheur… ohé, les assoiffés !
ohé les désargentés ! Temps de parole Dites ! Vous avez de l’oreille ? Et, dites ! vous, là-haut, les chanteurs et les musiciens, vous avez de l’oreille ? Avec la profession ou la passion que vous pratiquez avec tant de bonheur… c’est préférable, n’est-ce pas, d’avoir de l’oreille ! J’ai demandé à une ou deux personnes du monde de la musique, de me dire ce qu’il fallait comprendre par cette expression « avoir de l’oreille » et les réponses ont convergé vers ceci : c’est entendre juste et savoir placer ses doigts juste, si l’on est violoniste… mais, m’a-t-on précisé, avoir de l’oreille ce n’est pas un mouvement passif, celui de l’auditeur par exemple, qui réagirait à une fausse note ; c’est un mouvement actif de celle ou celui qui pratique la musique et qui, discernant ce qui sonne faux ou pas tout à fait juste, corrige immédiatement… Avons-nous cette oreille-là lorsque nous entendons une parole comme celle d’Esaïe ce soir qui appelle à tendre, à prêter l’oreille, qui invite à l’écoute afin de jouer juste et d’éveiller nos vies pour les mettre en harmonie, en résonance, avec cette parole qui vient d’ailleurs et qui retentit au plus profond de notre être ? Afin que ce que nous entendons nous permette d’ajuster nos vies et de les faire sonner juste ! Ecoutez-moi et votre vie sera nourrie ! écoutez et vous vivrez, écoutez et votre vie se mettra au diapason ! Cette musique-là, subtile parfois, a de la peine à se faire entendre parce que nos vies sont encombrées, sont trop pleines. Or, cette musique-là vient faire de la place et offre ce cadeau extraordinaire de pouvoir se trouver soi-même ! Lors d’un Café théologique, le rabbin François Garaï a eu cette phrase forte : « Pour nous, Juifs, Dieu seul est vraiment ce qu’il doit être ; nous autres, humains, tendons au maximum vers ce que nous devons être. » Entendre cette musique, y être attentif, c’est soudain être recentré et pouvoir s’abandonner à cette voix qui nous appelle inlassablement. Et alors, il se passe des choses surprenantes :
Nous recentrer sur l’essentiel, nous désencombrer, lâcher prise comme on aime à dire aujourd’hui, s’abandonner, ce n’est ni fuir, ni se perdre : c’est recevoir une force inattendue : celle qui va faire de nous des résistants aux sirènes de la facilité et à cet esprit de compétition qui empoisonne la vie et qui élimine les viennent ensuite. Voilà le rempart que veut être notre Dieu. Cette force, c’est d’avoir été trouvé, rejoint, accueilli. Et la musique de nos vies devient harmonie. Et curieusement – mais ce n’est pas étonnant – nous n’avons pas le monopole de cette transformation : le bouddhiste qui vit l’Eveil, le musulman qui s’abandonne à son Dieu, le juif qui entend et vit la parole d’Esaïe, l’hindouiste qui laisse son Dieu l’habiter, le chrétien qui, à la suite de Paul, peut dire « ce n’est plus moi qui vit, c’est Christ qui vit en moi », tous connaissent ce même apaisement, cette harmonie profonde. Ce n’est pas une affaire de spécialiste, ce n’est pas une affaire d’intelligence… c’est une affaire de confiance. Chers amis, nous avons tous des oreilles… Il nous reste encore à avoir de l’oreille ! Texte méditatif final quand l’oreille s’incline
vers le dedans entrer en nous-même reconnaître notre faiblesse
extérieure comme un cadeau |