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Dimanche 8 mars 2009 Texte méditatif d’entrée Avant que le chaud ne revienne restent ces gestes de toujours nous attendons une réponse temps douloureux de l’entre-deux Dieu, que nous tenons à distance, Texte biblique : Psaume 23 Le Seigneur est mon berger, je
ne saurai manquer de quoi que ce soit... Temps de parole Non pas une musique solennelle, grave ou majestueuse… quelque chose de gai, d’un peu dansant, exhalant de la sérénité, mais avec un goût de fête : cors et timbales, flûte, hautbois et basson… Un temps de la Passion – nous y sommes – qui contient déjà l’abandon serein – rien à voir avec la résignation ! – ce qui permet justement un combat confiant… Mais quel chemin et quelle lucidité chez le compositeur pour parvenir, pour aboutir à cette cantate « ce que Dieu fait est bien fait ». Il nous y avait déjà habitué, mais c’est comme si, à chaque nouvelle découverte, on était invité à aller un peu plus profond… Comme si la musique menait à plus de musique, comme si plus de musique conduisait à plus d’humanité et comme si plus d’humanité ouvrait à la présence de Dieu… On se laisse alors porter, probablement parce que la musique fait vibrer en nous autre chose que la raison et qu’elle parle à notre être profond : elle n’explique pas par des mots ou par des notes, mais elle nous fait sentir et ressentir une émotion ; elle recentre, elle contribue à faire tomber nos barrières et nos résistances, elle enchante… Oui, quel chemin Bach a fait et quel chemin il nous fait faire pour que nous puissions nous associer à ce leit-motiv « Was Gott tut, das ist wohl getan ! ». Il faudrait dire : quel chemin il nous invite à faire – comme nous y invite le psaume 23 d’ailleurs : je ne manque de rien… Parce que nous peinons bien souvent à comprendre notre vie, notre chemin ; nous peinons parce que nous aimerions bien donner sens et que nous ne comprenons pas toujours. Carl Keller – qui fut un maître de spiritualité méconnu – nous disait constamment : nous n’avons pas assez de recul et parfois une vie n’y suffit pas », pour entrer dans le regard de Dieu, pour laisser Dieu nous habiter et ne pas le laisser en dehors, détaché, dans un ciel inaccessible séparé de la terre. Il faudrait peut-être d’abord « comprendre » Dieu, dans le sens premier du mot, le prendre avec… Annick de Souzenelle offre cette belle formule : « quand on est détaché du Ciel, on est forcément détaché de la Terre ». Pouvoir chanter « Ce que Dieu fait est vraiment bien fait », c’est relier étroitement, en nous, le Ciel et la Terre. Prendre Dieu avec, c’est donc aussi et en même temps comprendre notre vie. Et donc se placer sur un tout autre terrain que celui de la logique et de l’explication, et de ce penchant qui nous habite à toujours vouloir trouver un coupable à ce qui nous arrive de désagréable… Le psaume disait : lorsque (non pas si, mais bien lorsque…) je dois passer par le ravin de l’ombre-mort, je ne crains pas car je te sais avec moi… Dans son dernier roman « Ce que le jour doit à la nuit », Yasmina Khadra met dans la bouche d’un vieil oncle, d’un sage, cette parole à un jeune homme en quête de lui-même et du sens de ce qu’il vit de douloureux : « si tu veux pleurer, pleure ; si tu veux espérer, prie ; mais, de grâce, ne cherche pas de coupable là où tu ne trouves pas de sens à ta douleur ». Tenir ensemble Dieu et ma vie, laisser le ciel féconder ma terre, c’est le défi de toute existence qui se veut pleine. Non se résigner, mais affronter sereinement en se remettant. Ce qui faisait dire à Paul, qui avait compris bien des choses lui aussi : « vous êtes le temple de Dieu ». L’important, ajouterais-je, n’étant pas que l’homme aille dans le temple, mais que le temple soit dans l’humain. Alors, la vie devient une. Et parler de Dieu devient ou revient à parler de l’humain. Exactement dans la ligne de cette petite histoire que vous connaissez peut-être et qui met en scène un ancien élève qui va voir son ancien maître. Le maître lui demande comment vont ses affaires.
Was Gott tut, das ist wohl getan… Alors la vie prend couleur et permet de donner leur place aussi bien aux choses difficiles qu’aux choses agréables : tout étant devant Dieu et nous étant en Dieu et Dieu ayant sa place en nous. Texte méditatif final Was Gott tut, das ist wohl getan
! temps de passion, temps de souffrance, Accepter Dieu comme chemin, pouvoir dire avec confiance temps de passion, temps de silence, |