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Dimanche 8 février 2009 Texte méditatif d’entrée J’attends le Seigneur, j’attends
de tout mon être ! Au creux de nos attentes, la peur
de l’abandon : et s’il n’y avait personne pour nous arracher aux
nuits interminables où l’image se fige, sans espoir. Au creux de nos attentes, le vide
de l’ennui. L’éternité du temps désoeuvré, le poids des heures étouffées. Au creux de nos attentes, la lassitude
de la répétition, l’amertume et le découragement. Au cœur des cœurs où s’émiette
l’espérance. Mon Dieu, tu ne viens pas… et pourtant je t’attends
! Texte biblique Tous ceux qui sont conduits par l'Esprit de Dieu sont enfants de Dieu. Car l'Esprit que vous avez reçu n'est pas un esprit qui vous rende esclaves et vous remplisse encore de peur ; mais c'est l'Esprit Saint qui fait de vous des enfants de Dieu et qui nous permet de crier à Dieu : « Abba, ô mon Père r ! » L'Esprit de Dieu atteste lui-même à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. Nous sommes ses enfants, donc nous aurons aussi part aux biens que Dieu a promis à son peuple, nous y aurons part avec le Christ ; car si nous souffrons avec lui, nous serons aussi avec lui dans sa gloire. J'estime que nos souffrances du temps présent ne sont pas comparables à la gloire que Dieu nous révélera. La création entière attend avec impatience le moment où Dieu révélera ses enfants. Car la création est tombée sous le pouvoir de forces qui ne mènent à rien, non parce qu'elle l'a voulu elle-même, mais parce que Dieu l'y a mise t . Il y a toutefois une espérance : c'est que la création elle-même sera libérée un jour du pouvoir destructeur qui la tient en esclavage et qu'elle aura part à la glorieuse liberté des enfants de Dieu. Nous savons, en effet, que maintenant encore la création entière gémit et souffre comme une femme qui accouche. Mais pas seulement la création : nous qui avons déjà l'Esprit Saint comme première part des dons de Dieu, nous gémissons aussi intérieurement en attendant que Dieu fasse de nous ses enfants et nous accorde une délivrance totale. Car nous avons été sauvés, mais en espérance seulement. Si l'on voit ce que l'on espère, ce n'est plus de l'espérance : qui donc espérerait encore ce qu'il voit ? Mais si nous espérons ce que nous ne voyons pas, nous l'attendons avec patience. Temps de parole Toutes celles et tous ceux qui se laissent conduire par le Souffle d’en haut sont filles et fils de Dieu. Aujourd’hui. Vous n’avez pas reçu un souffle d’esclaves, de soumis, qui vous maintiendrait sur un chemin de peur ! … mais un souffle de fils et de fille qui ne vous fait plus dire « misérable que je suis », mais qui vous fait crier Pabba (Abba + papa) ! Oui, le Souffle d’en haut rejoint notre propre souffle pour nous tirer en avant et il atteste ainsi que nous sommes bel et bien ses enfants, ses tout proches. Donc également ses héritiers, dans la ligne directe du Christ, si du moins nous partageons sa vie, y compris les angoisses et les souffrances. Dès lors, je pense que les temps douloureux et combien pesants que nous pouvons connaître aujourd’hui ne pèsent pas du même poids que l’éclat révélé en nous et qui, un jour, sera accompli. Et le monde entier attend avec impatience que se manifeste cet éclat dont nous sommes porteurs. Nous vivons tous – et la création entière avec nous – comme si nous étions en train d’accoucher, gémissant dans ces douleurs de l’enfantement qui précède le moment où la vie pleine jaillit ! Par cette vie jaillissante du Christ, nous avons été renouvelés et sauvés … dans l’espérance. Or, voir ce qu’on espère, ce n’est pas de l’espérance ; qui espérerait ce qu’il peut déjà voir ?.. MAIS SI NOUS ESPERONS CE QUE NOUS NE VOYONS PAS ENCORE ACCOMPLI, ALORS NOUS L’ATTENDONS AVEC LA TENSION DE LA PATIENCE ENRACINEE ! Un appel… ce psaume mis en musique…, comme une longue plainte ; un long cri qui prélude… et puis un silence… pour que le cri ait sa place « Aus der Tiefen… »…, sans révolte – et la musique est pacifiante, presque paisible. …Quand j’étais jeune et naïf, j’imaginais que ce cri venait du fond de la terre, d’une caverne, de dessous… du fond de l’abîme Aujourd’hui que je suis un peu moins naïf peut-être, je sens bien que ce cri sort de notre sous-sol à nous, de notre très-fond, là où l’hébreu place les sentiments les plus forts : la détresse, la rage, le désespoir, mais aussi l’amour le plus fou, le plus fort, celui d’une mère pour son enfant :… les entrailles – non pas de la terre – mais nos entrailles. Des lieux profonds de l’être humain… un cri vers l’innommable… j’ai mal, j’ai peur, je défaille… suis-je tout seul ?… le même cri que celui qui sort de la bouche de Jésus : si tu pouvais éloigner cette horreur, m’éviter le gouffre… ou encore sur la croix : … pourquoi m’as-tu laissé seul, abandonné ? Ce cri… et un silence… Ce silence qui réunit l’écho du cri et ce qui vient après tout cri : L’ATTENTE… LE SILENCE DE l’ATTENTE ! La force du psaume, c’est de contenir – non, justement pas contenir ! – la force du psaume, c’est de crier le cri et d’ouvrir l’ATTENTE. Non pas Cri et chuchotement, mais CRI et SILENCE… CRI ET ATTENTE… Nous voilà rejoint au cœur de notre vie… Attendre, est un mot très fort – dans le psaume en tout cas : c’est en même temps « espérer » et « savoir » et avoir la conviction ; cela dit aussi « une attitude de confiance »… J’ai interviewé deux anciennes
gymnasiennes pas très branchées « bible et foi » sur les différences
qu’elles faisaient entre attendre et espérer, savoir et faire confiance.
Elles m’ont dit – et j’aime ces regards du dehors : Dans le passage de la lettre aux Romains – relu en contrepoint de la cantate de ce soir – Paul reprend ces quatre éléments et les lie étroitement : d’ailleurs dans le psaume en hébreu ils sont considérés comme des synonymes et un même mot peut les exprimer tous : nous sommes en train de naître, nous souffrons, nous gémissons et toute la création avec nous, nous attendons un accomplissement de ce qui a déjà commencé à vivre en nous. Attendre avec confiance, c’est se souvenir que l’irruption du divin a changé des millions et des millions de vie dans le monde et au travers des siècles. Espérer cette parole bouleversante, compter sur elle, c’est attendre, à la manière des sentinelles qui attendent le matin, ce matin qui sera pour eux le temps de la libération !… « Quand Dieu ne me fait pas sentir sa présence, je me souviens et j’espère », écrivait Marcel Raymond dans son journal. « Je mets entre parenthèses ce temps ingrat, ce pays désert d’aujourd’hui. J’attends, j’attends et je sais qu’un autre temps viendra où mon attente sera comblée. » Savoir que 2 et 2 font quatre, ce n’est pas intéressant ! nous rappelait Georges Haldas il y a quelque temps au bistrot du Milan… mais savoir, expérimenter qu’Il est vivant et que je suis porteur de ce vivant qui n’en a pas fini de naître, ça vous chamboule une vie et ça vous décroise les bras… sinon le juste continuera à être perdu, comme va le dire le motet… Texte méditatif final J’attends le Seigneur et j’espère
en sa parole. J’attends le Seigneur, j’attends
de tout mon être et j’espère en sa parole. … rien que cela … tout cela ! … Viens humain, je t’attends, depuis toujours, en mon enfant. |