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Dimanche 8 mai 2011

Texte méditatif d’entrée

A l’Ascension, on dira : il est monté au ciel
De même qu’ à Noël, on a dit : il est venu sur terre…
descendre… monter…
langage humain pour dire l’indicible :
il est là, il est au-delà, il est…
Dieu venu rencontrer l’humain ici-bas
Dieu attirant les humains vers le haut…
Drôle de géographie…
C’est que les mots sont maladroits
Ils ont besoin d’image pour éveiller la foi…

Reconnaître nos racines d’en Haut
Qui nourrissent l’ici-bas…
Ne pas se fixer sur les mots
Qui peuvent si vite être cage !
Les forger, les retourner, les laisser résonner,
Oser les utiliser sans en rester prisonniers…

Descendre… monter… être là…
Enterrer… relever…
Etre sel de la terre, se mêler à la pâte,
ne pas rêver, béats,
chercher route ici-bas…
dans l’épaisseur du doute,
la promesse retentit :
je suis là, je suis là, je suis la vie,
je suis la vie vraie qu’on appelle éternelle…

Lecture biblique : Actes 1/6-11

Voici comment Luc parle de l’ascension :

Durant 40 jours, après son supplice, Jésus s’était présenté, vivant, et s’était entretenu avec les apôtres. Lors d’un repas en commun, ceux qui étaient rassemblés là lui posèrent LA question :

« Seigneur, est-ce en ce temps – maintenant – que tu vas restaurer la royauté pour Israël ? »

Jésus leur dit alors : « vous n’avez pas à connaître l’avenir, les temps et les moments que le Père a placés sous sa propre autorité ! Par contre, vous allez recevoir une puissance, celle du souffle saint qui viendra sur vous. Alors, vous deviendrez mes témoins, à Jérusalem, dans toute la région de Judée et de Samarie, et jusqu’aux confins de la terre ! »

Après avoir dit cela, sous leurs yeux, il est enlevé et une nuée le soustrait à leur regard. Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes, en vêtements blancs, se trouvent à leurs côtés et leur disent : « Eh Galiléens ! pourquoi vous tenir à regarder le ciel ? ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la manière dont vous l’avez vu s’en aller vers le ciel ».

Quittant alors la colline qu’on appelle « Mont des Oliviers », ils regagnèrent Jérusalem qui n’était pas loin de là…

Temps de parole

Monter – descendre ! en haut – en bas !... et encore en haut !... les enfants, accompagnés, aiment les ascenseurs : peser sur les boutons et la machine se met en branle… c’est un peu magique pour eux !

Pour les adultes que nous sommes devenus – ou en train de devenir… on n’en aura jamais fini ! – il s’agit bien sûr, on nous l’a appris, de ne pas confondre le jeu de l’ascenseur avec l’image de l’Ascension. Celle-ci contient quelque chose de l’ordre du mystère plus que de la magie – quoique parfois nous nous surprenons à trouver encore en nous des traces d’une vision mécanique…

C’est que nous sommes bel et bien inscrits dans cette géographie du Haut et du Bas, du ciel et de la terre, de la vie et de la mort. Mais notre géographie humaine, notre physiologie le montre bien : nous sommes des êtres de l’entre-deux : nos pieds sont nos racines, notre attachement à la terre – nous sommes des glaiseux, nous rappelle la Genèse – mais notre tête est dressée vers le ciel : nous sommes aussi des célestes !

L’enjeu est dès lors, l’équilibre à tenir entre les deux : être tout entier dans la tête et le ciel nous fait courir le risque des étoiles, naviguant dans le sidéral glacé, négligeant, parfois méprisant, la lutte de l’en-bas, de l’horizontal, l’engagement humain, le combat du quotidien. Mais l’inverse est probablement plus fréquent : visière à l’horizontale, la frénésie du gain, l’angoisse de la réussite, la lutte pour la médaille, nous fait perdre la tête ! ou encore, que de gens – dont nous sommes parfois ¬– qui utilisent les mots du religieux ou de la morale, ou même celui de la foi, et dont l’existence proclame : rien que la terre !

Et puis, difficile prise de conscience, parfois, de nous souvenir qu’entre notre tête et nos pieds, il y a aussi un cœur et des entrailles qui ne demandent qu’à frémir !

L’événement de l’Ascension veut tenir ensemble ce Haut et ce Bas, tous deux nécessaires, le ciel et la terre, Dieu et l’humain. A mes yeux de protestant, c’est la fête la plus subversive que l’on peut rencontrer dans le message biblique. Elle affirme en effet que celui qui est mort sur la croix et qui a été relevé puis élevé, a désormais AUTORITE sur tous les domaines de ma vie et de la vie, y compris le domaine du politique et de la conduite des peuples, y compris celui de l’économie et de l’argent ! Pour celles et ceux qui y adhèrent, cet événement, dans toute sa force symbolique, va jusque là dans ses conséquences. Tout lui est soumis !

Voilà pourquoi la cantate de ce soir est un cri de joie et de libération, une acclamation, une reconnaissance éclatante au Dieu, grand, puissant, suprême parce qu’il est aussi et en même temps l’humble compagnon de tous les jours, le souffrant avec nous, le lumignon dans nos existences ténébreuses, une promesse de renouvellement au cœur de notre monde. On comprend dès lors le pourquoi la cantate nous traite de « bande de sauvés ! » et nous invite à tenir bon et à faire confiance. Les instruments violons, altos, violoncelle, contrebasse, flûtes, hautbois et basson, orgue, tous disent : IL EST DIEU, celui qui a traversé la mort et qui nous fait traverser la mort, lui qui nous oriente vers un lieu qui n’est pas un lieu, mais sans lequel nous ne vivrions pas pleinement. Nous autres n’est-ce pas, qui entendons parfois l’Evangile se parler en nous !

Mais l’Ascension, c’est aussi l’interpellation faite aux apôtres de ne pas en rester là, les regards tournés vers la nuée mystérieuse, mais de regagner la terre, le Bas, la réalité, pour y témoigner de cette bonne nouvelle et pour y recevoir le souffle de la Vie, promesse encourageante d’une vie autre à vivre. Car à quoi bon rêver d’une autre vie sans la commencer tout de suite.

Cette invitation est large, à la dimension de l’humanité et de l’univers, mais aussi à ma dimension individuelle de fils et de fille de Dieu, invité à vivre pleinement l’ici-bas. Car, si je ne vis pas moi-même ma vie aujourd’hui, dans cette dimension-là, QUI LA VIVRA ?

Voilà pourquoi nous nous souviendrons de ce que Rabbi Zousia disait à ses disciples : le jour où je paraitrai devant le trône céleste, Dieu ne me dira pas : pourquoi n’as-tu pas été Abraham, Jacob, Moïse ou David ? Mais il me dira : Zousia ! pourquoi n’as-tu pas été Zousia ?... et ses bras s’ouvriront cependant devant moi !

Texte méditatif final

Dieu Très-Haut, Dieu Très-Bas, tu appelles à la vie
Hier, aujourd’hui, demain…
Tu veux l’humain debout, capable de répondre…
Tu nous confies la vie et nous invite à croire
Pour que nous comprenions que tout est confiance…

Pourtant nous tressaillons… pourquoi cette inquiétude ? (silence…)
C’est que nous avançons de  blessure en blessure
Et que nous redoutons la griffe sous le velours…

Dieu Très-Haut, Dieu Très¬-Bas, source dans nos déserts…
depuis l’aube des temps, tu coules dans nos jours …
Ton Nom revêt cent noms au fil de notre vie :
nom de tendresse quand la solitude nous ronge,
promesse d’aurore quand nos angoisses se font nuit.
Nom d’amitié dans les tensions entre frères
élan de vérité quand tout n’est que mensonge.
Cri de justice quand le pauvre est foulé aux pieds,
Nom de partage quand nous nous crispons sur nos biens,
Nom de chemin quand nous voulons nous installer,
Nom d’espérance dans l’étau du non-sens…

Dieu Très-Haut, Dieu Très-Bas,
Tu es là, au cœur de nos vies !...